Directeurs de rédaction

Les dirigeants de nos équipes de rédaction offrent leur vision de leur travail et de l’avenir d’un métier qui évolue rapidement.

La démocratisation des contenus a multiplié, diversifié et décentralisé les sources médiatiques, et permis à tout un chacun ou presque mettre une plateforme sur pied, de capter un public et de stimuler un dialogue public ou d’y contribuer. Les gens créent, consomment et mettent en commun plus de contenu médiatique que jamais.

Avec autant de sources amplifiées et de médias qui rivalisent pour attirer l’attention, il se pourrait que le rôle de rédacteur en chef, malgré ses transformations, soit plus pertinent que jamais. Mais quelles sont les prochaines étapes? Nous avons demandé aux dirigeants de nos équipes de rédaction de nous faire part de leur vision de ce qui nous attend.

À l’avenir, à quoi ressemblera le rôle de rédacteur en chef?

Chris DiraddoChris DiRaddo
Responsable de la rédaction, groupe Luxe et Art de vivre, Montréal
À pas mal ce que c’est aujourd’hui.
Le rédacteur en chef de demain devra continuer à voir plus loin que l’ébauche reçue par courriel afin d’imaginer les multiples façons dont une histoire peut avoir une résonance dans le public, que ce soit sur la page ou sous forme d’extrait vidéo, de fichier audio, de diaporama ou de story sur Instagram. Il n’est plus question de «numérique avant tout», mais plutôt d’un plan d’attaque sur tous les fronts… S’il y a une chose, je crois qu’on accordera plus de valeur à ce rôle. Les robots ne savent pas tout faire, et notre temps est toujours aussi précieux. Il y a tellement de cochonneries en ligne que pêcher des perles peut être chronophage. Les rédacteurs en chef sont les pêcheurs de perles du contenu, ceux qui ciblent la qualité. C’est notre boulot de trouver les meilleures plumes pour raconter les meilleures histoires des meilleures façons possible, pour faire en sorte que vous soyez bien informé et diverti et que vous ne perdiez pas votre temps.

Karen HeaneyKaren Heaney
Direction de la rédaction, des affaires et des finances, Londres
Quand j’ai commencé en marketing de contenu (il y a plus d’années que je ne souhaite me le rappeler), on parlait d’édition à contrat. La rédactrice en chef partageait un bureau d’angle avec le directeur de la création, et à cette époque lointaine l’imprimé était roi. Sur tout projet étaient affectés des rédacteurs, des adjoints, des remplaçants et même des assistants d’édition, et il y avait des tonnes de mots à mettre au pas. Avancez de 10 ou 20 ans, et les équipes de rédaction ont fondu, de même que la quantité de mots qu’elles produisent. Mais le milieu est beaucoup plus riche, avec l’arrivée du numérique et des médias sociaux, et même si le nombre de mots est moindre, les rédactions sont plus créatives que jamais. Le rôle de la rédactrice en chef est beaucoup plus complexe: elle doit être douée en affaires et aussi être une stratège accomplie. Mais la créativité restera toujours au cœur de cette fonction, car comment, sinon, les agences feraient-elles pour que les consommateurs dialoguent avec les marques? La rédactrice en chef est en voie de devenir une sorte de PDG qui orchestre le travail de nombreux experts, entre développeurs, spécialistes du référencement naturel, analystes de données, déducteurs d’insight et spécialistes commerciaux, en vue d’atteindre un objectif commun.

Andrew ElkinAndrew Elkin
Responsable de la rédaction, Air Canada enRoute, Montréal
Plus que jamais, un rédacteur en chef a le pouvoir d’orienter une conversation. C’est un privilège, et comprendre et maîtriser ce pouvoir va devenir de plus en plus important pour ce qui est de trouver et de développer un public. Le défi, pour les rédacteurs, a toujours été d’amener les lecteurs à revenir jour après jour; de nos jours, le lectorat s’est mué en communauté, et la confiance joue un grand rôle dans sa fidélité. Si la technologie permet aux marques médiatiques de rester présentes dans la vie des gens du matin au soir, c’est le rédacteur qui formule les messages qui assurent de véritables rapports étroits avec le public. Les rédacteurs en chef doivent apprendre à nourrir la communauté de leurs lecteurs, en jouant avec un éventail de types de médias. Ils doivent savoir comment raconter une même histoire de façon différente, tant dans un clip de 30 secondes sur les médias sociaux que dans un reportage en profondeur. Adopter les technologies des nouveaux médias, c’est façonner le pouvoir de convaincre, et le rédacteur en chef de l’avenir aura la tâche de lancer les conversations que nous devons avoir face aux grands défis de développement durable qui nous attendent.

Lucy ColesLucy Coles
Chef de contenus, Londres
Les meilleures nouvelles rédactrices en chef encourageront une véritable mentalité de l’édition, avec de solides qualités de leader, un instinct créatif sûr, une ouverture aux nouvelles idées et un point de vue dynamique. Vraiment, ça n’a rien de nouveau. Les éditeurs ont toujours su que c’est là le secret de l’accroissement et de l’engagement du public. Les marques, par contre, étaient nerveuses à l’idée d’adopter une véritable approche éditoriale. Mais c’est en train de changer; les marques réalisent désormais qu’elles peuvent avoir un ton global, une perspective, et le pouvoir d’influencer. Il leur faut seulement l’expérience d’une rédactrice en chef qui orchestrera leur message.

Caroline KuCaroline Ku
Responsable de la rédaction, APEX Media, Montréal
De quel horizon temporel parle-t-on? Je crois que le rôle de la rédactrice sera toujours d’identifier un ton qui représente sa publication ou sa plateforme et qui lui permet de se démarquer. Ce qui change, c’est la façon dont la rédactrice s’adapte à l’évolution des nouvelles technologies et des attitudes envers les médias: vaut-il mieux raconter cette histoire par un haut-parleur intelligent ou dans un format de type «vis ton aventure»? Le reportage est-il assez inclusif? Aimons-nous les données, ou les détestons-nous? Peu importe la discussion du jour, le rôle de la rédactrice restera plus ou moins le même, même quand des images défileront sur nos lentilles cornéennes ou qu’on entendra lire du texte dans des micro-écouteurs implantés dans nos oreilles. Et s’il est question d’un avenir lointain, alors le rôle de la rédactrice sera d’être plus futée et de remettre les bots potentiels à leur place.

Bookmark collabore avec des marques afin de développer des programmes de contenu personnalisé qui trouvent un écho chez leur public et qui stimulent l’engagement, en transformant chaque instant en expérience prenante et quantifiable.

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